BERLIN

Prinzenstrasse métro aérien

Au moment d’écrire cet article sur Berlin, nous avons comme un pincement au coeur. Le même frisson que l’on ressent lorsqu’on retrouve son chez soi, sa ville. Vous l’avez déjà ressenti vous aussi ? En neuf mois, nous nous sommes rendus trois fois dans la capitale allemande. Un tel amour de ses rues, de ses habitants est né en nous, que nous avons décidé d’en faire le point de départ de notre tour du monde. 

"Ich bin ein Berliner"

Nous connaissons tous cette phrase. Le playboy le plus puissant du monde, usant du verbe, marque l’histoire en prononçant ces quelques mots simples. Oubliez le contexte, l’exclusion - par ces paroles - de la moitié de la ville. Oubliez l’enjeu et l’arrière pensée qui entoure ces paroles. Imaginez vous, pour un instant, dans une ville inconnue et vous y sentir mieux que nulle part. 

 

-10° celsius, une langue que 13 années d’apprentissage n’ont pas pu faire entrer dans nos tête, de grandes avenues froides et austères, et pourtant… 

 

Notre première rencontre avec la ville remonte au 3 mars 2018. La veille de l’anniversaire de Slimen. Sarah avait décidé de lui offrir un weekend de 4 jours dans la ville qu’il avait toujours voulu visiter. Une surprise comme nous avons l’habitude de nous en faire mais une destination très symbolique. Emmener son compagnon là où on n’a pas envie d’aller, simplement pour lui faire plaisir…

Sarah dans Prenzlauer Berg

Nous ne vous raconterons pas l’entièreté de nos périples à Berlin. Nous essaierons, en revanche, de conter les moments magiques qui on fait notre amour pour cette cité. 

 

Il y a, d’abord, un premier voyage marqué par le signe de la fête. Une soirée au Watergate dont les portes nous étaient annoncées comme infranchissables. Des rencontres, rapides et incomplètes mais néanmoins marquantes. Il y a aussi les rues de Kreuzberg, un quartier dont vous entendrez parler, où vous irez sans doute, s’il vous arrive de planifier un voyage à Berlin. Quartier populaire qui a connu les années « underground » avant de devenir une référence européenne. C’est simple, si vous êtes jeunes, que vous souhaitez faire la fête, votre chemin se dirigera inexorablement vers cette partie de la ville. 

 

Il existe de nombreuses adresses renommées à Berlin. Le mythique Berghain, l’artisanal Trésor, le frivole Kit Kat Club ou le branché Watergate. Nous n’avons évidemment pas pu tout voir, même en trois visites. D’abord parce que ce genre de soirées fatiguent. Ensuite, parce qu’il n’y a pas que la fête à Berlin. 

 

De l’historique Bundestag à la touristique Alexander Platz, en passant par le Tier Garten ou le musée de la photographie, Berlin est « armée » pour nourrir nos esprits et nos yeux. Mais c’est dans la chaleur des interactions que la capitale se mue en idéal de vie. 

Serveur d'Ichorya

Ici, les cafés sont d’un autre temps, comme retenus par une envie incompressible de dire non aux temps modernes. Prenez une bonne bouffée d’oxygène et plongez vous dans les salons d’Ichorya, du Cake club ou du Bürckner Eck. Entrez dans un monde à la décoration désuète, aux meubles passés et à l’air irrespirable, saturé par la fumée de tabac. C’est ce mélange d’originalité douce et de désagréments qui crée l’identité berlinoise. Capitale politique de la première économie européenne et pourtant pleine de marques tenaces d’un autre monde en construction.

 

On entre à Berlin comme on atterrit dans un ailleurs lointain, exotique. Des tags sur les murs les plus prétentieux, des immeubles rutilants plantés au milieu d’une zone déserte que l’on dirait sortie d’un film de propagande anti-soviétique. Des flots de personnes enivrées par la ville ou par la boisson laissent place à de grandes avenues désertes et larges, à en donner le vertige. 

 

Lorsqu’on évoque le nom d’une ville inconnue, nous avons tous une image qui se forme dans notre esprit. Cet essence de vie est particulier lorsqu’on évoque Berlin. Que l’image soit positive ou négative, la capitale allemande a une sorte d’aura particulier. 

East Side Gallery

La ville, la vie

 

Lors de notre premier voyage, Sarah avait préparé un programme de visites et de sorties. Naturellement, nous avons commencé par voir les « belles pierres » de la ville. C’est un passage obligé et nécessaire. Nécessaire pour la compréhension de la ville. Se tenir devant le Reichtag, revivre les années obscures et son incendie. Prendre la direction de l’Alexander Platz en passant sous la porte de brandebourg et sentir la force de l’empire prussien et plus tard de l’Allemagne naissante. Puis de fil en aiguille, se retrouver face au mur. Découvrir cet espace de création et d’expression en tentant de comprendre la fougue et la force qui a pu naitre d’un peuple séparé et brimé. Avant de passer le fleuve et de s’enfoncer dans Kreuzberg pour y voir le résultat en perpétuelle évolution de toute cette énergie. 

 

Il n’y a pas « un » programme à Berlin. Il y a des possibles à explorer. Il y a mille itinéraires à créer, mille façons de voir la ville et de la sentir. Notre approche nous a amené à aimer la ville, en fonction des rencontres et des heureux hasards de nos découvertes. Nos trois voyages ont été différents. Mais notre état d’esprit était le même. Aucun jugement et une ouverture d’esprit poussée à son maximum. Ce sont, à notre humble avis, les ingrédients clés pour apprécier cette ville. Car les rues sont pleines d’antagonismes qui vivent en paix, dans un joyeux désordre. L’immigré turc cuisinant un kebab à un jeune punk aviné, pour qui une mercedes luisante s'arrêtera au prochain passage piéton. La jeune bourgeoisie européenne dansant au Golden Gate dans un cadre poisseux mais agréable. Ce mélange des genres, cette harmonie parfois disgracieuse, c’est l’essence de Berlin, c’est ce petit quoi inexplicable que l’on nomme la vie. 

Mot de Sarah :

 

Originaire de Strasbourg j’entretiens des rapports complexes avec l’Allemagne. J’ai baigné dans la culture et appris la langue dès le plus jeune âge et pourtant j’ai toujours rejeté ce pays qui ne m’attirait pas. Jusqu’à la (re)découverte de Berlin que j’avais entrevue au collège lors d’un échange linguistique. Coup de coeur immédiat. Je me sens connectée dans cette ville, chaque coin de rue me donne le sourire. La vie est simple, sans tralala. On y respire. J’y respire. 

On croise des renards dans la rue en rentrant de soirée, aux heures d’affluence les rues ne sont pas bondées. Doux mélange que cette ville sauvage. Elle est à la croisée des chemins entre un urbanisme hétéroclite et une nature omniprésente. Je m’imagine y vivre, c’est dire ! 

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