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CUBA

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Angle de rue dans Habana Vieja

Décembre 2017

C’est le genre de voyage auquel on pense depuis longtemps… très longtemps. Depuis l’adolescence révolutionnaire jusqu’à la vie adulte bien plus studieuse. Un voyage incontournable à réaliser dans les temps. D’abord parce que la révolution cubaine a 60 ans et que la flamme de celle-ci ne peut que se refroidir avec les années. Ensuite, parce que d’importants changements politiques ont lieu. Fidel n’est plus au pouvoir, Raul a promis de s’en aller en 2018 et des élections sont programmées pour… décembre 2017. Nous avons donc voulu toucher du doigt la Cuba rebelle et hors de l’économie mondiale avant que sa spécificité ne s’estompe dans les règles du marché. 

 

Nous ne disposions que de 9 petits jours pour découvrir l’île. Nous n’avons évidemment pas pu tout voir, ni même la moitié des beautés que Cuba a à offrir. Nous avons donc fait quelques choix forts et peut-être -sans doute- contestables. Nous avons scindé notre séjour en deux parties égales. La première consiste en une immersion authentique dans La Havane en casa particular, au plus proche des cubains. Pour la seconde, nous avons décidé de découvrir les plages cubaines et la douceur des caraïbes à Varadero sur la côte nord.

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Rue de Centro Habana

La Havane en immersion

 

Ces quatre jours passés dans la capitale sont, de loin, les meilleurs du séjour. Tout d’abord grâce à Milly, notre hôte cubaine. Sa gentillesse et celle de son compagnon nous ont aidé à plonger dans l’effervescence havanaise sans crainte. Le premier contact a été super. Une grande table dans le salon, pièce centrale de l’appartement, quatre chaises et une discussion mêlant humour, gêne et intérêt porté à l’autre. Le fait que Sarah parle espagnol nous a facilité les choses mais les cubains sont très expressifs, il est donc très facile de communiquer avec eux.

 

Concernant le logement, il faut bien avoir à l’esprit que vivre sous embargo a son lot de contraintes. Si aux premiers abords les maisons de style colonial font rêver, certains détails vous rappelleront que vous êtes à Cuba. Les pannes d’électricité, l’eau à faible pression et la décoration passée de mode sont des inconvénients auxquels on se fait rapidement. C’est aussi cela le charme cubain. 

 

La casa se trouve à mi-chemin de la Plaza de la Revolucion et de la Calle 23 dans le quartier de Vedado. Il ne s’agit pas d’un positionnement idéal si vous souhaitez uniquement découvrir Habana Vieja - quartier historique et touristique. En revanche, Cela vous permet, sans trop de difficultés de découvrir trois des principaux districts de la ville : Vedado, Centro Habana et Habana Vieja. Vous pourrez ainsi poser devant le Che et Camilo Cienfuegos sous l’oeil de José Marti. Ou encore vous balader sur le Malecon à l’arrière d’une décapotable américaine sans subir les flopées de touristes que l’on retrouve au niveau du port ou du Capitole. 

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Avec notre hôte Milly, au moment du départ

 

Coté bons plans, voici une liste des restaurants et bars à découvrir dans La Havane :

 

Restaurants :

Paladar El Idilio, Vedado, Angle de l’avenida de los Presidentes et de la Calle 15. Grill délicieux

Al Carbon, Habana Vieja, Angle de Chacon et Compostela. Cuisine Cubaine

San Ignacio 214, Habana Vieja, Calle San Ignacio entre Obrapia et Lamparilla. Cuisine Cubaine

Waoo, Vedado, Angle Calle L et Calle 25, cuisine internationale

 

Bars :

  • Efe, Vedado, Calle 23 et Calle E, Notre QG, de bons cocktails et tapas

  • Café El Dandy, Habana Vieja, Angle Teniente Rey et Villegas, bar sympa à la décoration atypique

  • La Zorra y el Cuervo, Vedado, Calle 23 et Calle O, club de jazz

  • Rooftop de l’Hotel Manzana !! Habana Vieja, Angle Avenida Belgica et O’Reilly, une vue somptueuse sur le Capitole et l’Hotel d’Angleterre. Lieu chic, il s’agit du rooftop d’un hôtel 5*

  • El Floridita, Habana Vieja, Calle Obispo en face du Manzana. C’est Le bar d’Hemingway. Beaucoup de touristes mais il s’agit d’un passage obligé.

Vue sur Capitole depuis Hotel

Vue depuis le Rooftop de l'Hôtel Manzana

Quant aux lieux à voir, la capitale cubaine en regorge. Nous vous conseillerons de vous balader dans le quartier populaire de Centro Habana sans vous cantonner à la Callejon de Harmel -conseillée par tous les guides. Le quartier est extrêmement photogénique. Attention cependant, ne prenez pas les cubains en photo sans leur permission. Centro Habana est un quartier populaire resté dans son jus, ses habitants sont pauvres et ont sans doute moins l’habitude de croiser des touristes dans leurs rues que d’autres lieux de la ville. Respectez ses habitants et le quartier vous accueillera à bras ouverts. 

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Slimen dans les rues de Centro Habana

Dans Vedado, baladez vous entre la Calle 23 et le Malecon. Il s’agit du quartier des ambassades. S’il n’y a pas de point d’intérêt particulier, les rues vous dépayseront à coup sûr. Le quartier est très arboré et nous permet de voir la vie cubaine en dehors des activités touristiques. 

 

Enfin, lors d’une balade sur la célèbre Calle Obispo, arrêtez vous à l’hôtel Ambos Mundos. Ernest Hemingway y a vécu de nombreuses années. Vous pourrez visiter sa chambre mais surtout voir un hôtel d’époque et profiter de la vue qu’offre son rooftop. 

Vue depuis le Rooftop de l'hôtel Ambos Mundos

 

S’il fallait résumer cette première partie de voyage, il faudrait souligner l’accueil et la gentillesse des havanais. Que ce soit Milly et son mari, les barman et barmaids des différents lieux où nous nous sommes arrêtés ou encore des inconnus croisés dans la rue. À ce sujet, vous lirez sans doute dans les guides qu’il faut ce méfier. C’est vrai. Il nous est arrivé d’être abordés par pur intérêt. Comme cette dame du Barrio Chino et sa fille qui nous on fait la conversation pendant 30 minutes avant de nous montrer la cour intérieur de leur maison pleine de chiens. Le but de la manoeuvre ? Nous demander de l’argent en nous exposant aux conditions de vie parfois plus que précaires. 

À coté de cela, nous avons rencontré des gens désintéressés. Je pense à cette femme qui, nous voyant aller d’échoppe en échoppe à la recherche d’un briquet, nous a offert le sien. « la boutique qui en vend est compliquée à trouver. Moi, j’y retourne quand je veux ». 

Je pense aussi à un jeune homme rencontré à la sorti de La Zorra y el Cuervo. Lorsqu’à 2 heures du matin une carrure de boxeur - connaissant le palmarès olympique de Cuba dans la discipline - vous approche, vous n’êtes pas rassuré. Pourtant, la discussion qui a suivi reste l’une des plus touchante et authentique de notre séjour. Il voulait simplement parler et conseiller au couple de touristes que nous sommes, de se balader dans son quartier : Centro Habana. 

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Vue depuis l'intérieur du Dandy Café

Varadero : entre illusion et farniente

 

On ne va pas se mentir, la deuxième partie du séjour était bien moins authentique. Lorsqu’on part à Cuba au mois de décembre, il arrive que l’on ait envie de repos et de soleil. Nous avons donc séjourné à l’hôtel Los Cactus à Varadero. S’il arbore fièrement 4 étoiles, le lieu n’en est pas moins rustique. 

Le tourisme - pour des raisons évidentes - a longtemps été mis de coté au sein de l’économie cubain. Ne vous attendez donc pas, du moins à Varadero, à la modernité que vous trouverez dans d’autres destinations au climat similaire. 

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Sarah sur la plage de Varadero

 

Ce que nous retenons de ces quelques jours dans la station balnéaire, c’est surtout une plage à couper le souffle : 21 kilomètres de sable fin bordent la côte nord de ce bras de terre. La mer y est belle et même si cela peut surprendre, on ne s’y sent pas entassé. Il s’agit d’une, si ce n’est la plus belle « grande » plage qu’il nous ait été donné de voir.

 

Nous avons donc profité de la mer, du soleil et du Ron de Cuba pendant quatre jours.

Il n’y a pas grand chose d’autre à dire sur Varadero. Nous préférons donc vous donner un ressenti sur notre séjour :

 

Tout d’abord, il s’agissait d’un premier voyage sur l’île. Nous n’avons visité ni Santa Clara, ni Santiago, ni Trinidad. Le but était avant tout de s’imprégner de l’ambiance de La Havane et de se reposer. Nous en sommes naturellement revenu avec l’idée d’y retourner. Cette fois avec un sac à dos et plus de 9 jours à y consacrer. L’île recèle tant de trésors historiques et naturels qu’il serait dommage de se contenter de si peu. 

 

Cela étant dit, une chose nous a frappés sur l’ile. L’habileté avec laquelle le tourisme et les problématique que celui-ci entraine, sont gérés pas les autorités cubaines. Ici, pas de vacances à bas coût. Si vous venez profiter du soleil, de l’ambiance festive et de la chaleur humaine, vous devez y contribuer. Cela se traduit notamment par une double monnaie : 

Le Peso cubain CUP (pour les habitants) avec lequel sont rémunérés les fonctionnaires et sont distribuées les aides d’Etat. Et le Peso convertible CUC (pour les touristes) dont la valeur est indexée sur le Dollar américain. Autant dire que le niveau des prix en CUC est sensiblement égal à celui qu’on retrouve en France. Cette mesure peut paraître étrange aux premiers abords et même injuste. Mais à y réfléchir, Cuba n’a que peu de ressources et l’embargo empêche le pays de commercer librement. Par conséquent, cette mesure de protection est une forme de rééquilibrage. Les investissements étrangers ne sont pas légion dans le pays, le tourisme tient donc la place de ceux-ci.

 

Lorsqu’on examine le système de santé cubain, ou encore le système éducatif, cette contribution nous apparaît comme dérisoire. Alors, oui… à Cuba, on dépense plus que dans d’autres destinations touristiques mais le jeu en vaut peut-être la chandelle.

Diaporama :

Le mot de Sarah : 

 

Je retiens de Cuba plein de détails: d’abord l’arrivée à l’aéroport. Il nous a rappelé les préfabriqués qu’on avaient parfois à l’école primaire et surtout la désorganisation des agences de voyage nous a mis directement dans le bain ! Nous étions dans un bureau avec d’autres touristes et deux cubaines tentaient de repérer péniblement nos noms sur des listes manuscrites. Forcément nous n’apparaissions nul part. Après plusieurs minutes d’explications en espagnol nous avons été emmenés à notre Casa Particular.

 

L’expérience chez l’habitant est selon moi un « must have ». Nous n’avons croisé que très peu de touristes dans notre quartier, Vedado et j’adorais lorsque nous nous perdions dans les alentours.

 

Ce qui m’a finalement le moins intéressé / plu ce sont les attractions touristiques de la ville, hormis peut être la balade en vieille voiture sur le Malecon.