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INDONESIE

Bali, Gili, Java

Gili Air - Contrées Lointaines

L’Indonésie a été la première jolie surprise de notre voyage. Nos trois semaines ont été essentiellement passées à Bali mais aussi à Gili Air et à Java.

 

A l’origine le Laos s’imposait de lui-même comme deuxième étape de notre itinéraire. C’était cohérent de réaliser une boucle entre la Thaïlande, le Laos et le Vietnam.

Cependant, après nos quatre semaines en Thaïlande et aux portes du Laos à Chiang Rai, un drôle de sentiment vient perturber nos plans.

Une lassitude, un léger manque d’enthousiasme, un petit rien que nous avons pourtant pris le soin d’écouter. Quelle pourrait-être la suite raisonnable en dernière minute ? Comment bien jongler avec l’étape suivante, à savoir un visa pour le Vietnam démarrant trois semaines plus tard ?

Et puis l’évidence venu de Slimen : Bali.

 

Nous avons évalué la possibilité en terme de trajet pour s’y rendre, d’itinéraire possible sur trois semaines et la météo. La décision a rapidement été confirmée. Nous risquions quelques pluies à cette période mais c’était la basse saison, soit le meilleur moment pour découvrir l’ile sans être assaillis par les foules touristiques, grande plaie de Bali.

 

Et c’est ainsi que cinq jours plus tard nous retrouvions Bangkok pour un vol direct jusqu’à l’aéroport de Denpasar.

 

Je ne savais pas à quoi ressemblait Bali. J’imaginais une ile touristique certes, entourée de belles plages turquoises et d’un paysage de carte postale. Spoiler : cette idée est un cliché. Oubliez les plages paradisiaques, ce n’est pas la bonne île pour du farniente à la plage. Bali a tellement plus à offrir que de la baignade.

 

Bali est l’île la plus visitée d’Indonésie. C’est aussi et surtout la seule ile hindouiste de l’archipel à dominante musulmane.

 

A l’arrivée nous avons commis une erreur de débutant (vous ferez mieux que nous) en dormant une nuit à Kuta. C’est la ville la plus proche de l’aéroport et aussi la plus touristique. Et alors comment expliquer… Kuta est horrible. On y trouve une quantité de jeunes touristes venus faire la fête, ambiance Spring Break avec les belles plages en moins. C’est sale, bruyant et absolument pas authentique. Les rues ne sont qu’un enchainement de bars miteux et de boites de nuit qui rivalisent en puissance sonore, les rabatteurs sont omniprésents. La circulation est très difficile (ce n’est pas le bon endroit pour louer un scooter) et il n’est pas agréable de se balader à pied. Il faut faire attention partout et slalomer entre les scooters qui ne vous jettent pas un regard.

 

Notre première impression a donc été plus que négative et on s’est demandés si Bali n’était pas une grosse erreur.

 

Heureusement nous avons trouvé facilement un transport pour Ubud et sommes partis en minivan  avec la compagnie Perama le lendemain midi. Après 1h30 de route pour 35 kilomètres - oui je n’exagérais pas sur la circulation ! - le paysage change et nous revigore. On aperçoit des rizières, des champs, de la nature et c’est beau, très beau même !

Fort de conseils glanés ça et là nous n’avions pas réservé de logement mais repéré deux points de chutes dans les alentours d’Ubud. A la descente du minivan nous louons d’emblée un scooter (pour 55 000 Rp soit 3,5€ !) et partons pour le premier homestay, Ubud Batan Nyuh.

 

Nous sommes très enthousiastes à l’arrivée, l’établissement est un havre de paix. Un grand jardin bien arboré, une très belle piscine et seulement 6 -7 chambres. On croise les doigts ! Nous sommes accueillis par l’homme chargé de l’entretien et effectivement il y a des chambres disponibles. Lorsque nous nous enquérons du prix, douche froide il nous en propose 300 000 Rp (19€) la nuit, un peu cher pour notre budget.

Ayant lu que la négociation est le maitre mot à Bali, je tente un « ok pour 200 000Rp (12,5€) » et après un appel au propriétaire c’est validé ! Autre avantage d’être en basse saison.

Autant vous dire qu’à ce moment là nous étions en joie.

Nous sommes restés quatre jours, trois nuits à Ubud et c’était la durée parfaite. Il y a quantité de choses à faire dans et autour de la ville. C’est un bon point de chute sur l’ile d’ailleurs pour rayonner, particulièrement si vous passez peu de temps à Bali ou ne souhaitez pas faire d’étapes.

 

Ubud est une ville touristique, c’est l’une des villes les plus prisées par les voyageurs après Kuta, Canggu et Seminyak. Elle a notamment été rendue célèbre par le film « Mange, Prie, Aime » avec Julia Roberts. Pourtant ce tourisme là est beaucoup moins désagréable que celui de Kuta. Les gens sont un peu plus âgés, beaucoup de grands voyageurs, de familles, de backpackeurs qui visitent un minimum la nature alentour. Située au centre-est de Bali, la ville est bordée de rizières et de petites villages.

Singes de la Monkey Forest de Ubud - Contrées Lointaines

Dès le premier jour en scooter nous partons voir les villages à proximité. Nous tombons sur un marché ou nous sommes les seuls touristes et trouvons un marchand de beignet, en plein milieu des stands de fruits et légumes. Pour 5000 Rp (0,30€) on nous tend une barquette et comme des enfants nous la dévorons en quelques minutes. Les vendeurs et passants nous regardent d’un air curieux, certains rigolent, d’autres nous jaugent d’un regard plus sévère mais l’atmosphère globale est bon enfant. On essaie de nous vendre des bananes, des sacs sans trop d’insistance toutefois.

 

J’ai beaucoup aimé la découverte d’Ubud et de ses environs car c’était ma première rencontre avec l’hindouisme (hormis celui plus discret de l’ile Maurice) et les Balinais sont très croyants. Partout dans les rues des villages nous découvrions les habitants vêtus pour les cérémonies en pagne blancs, ceintures de couleurs et foulards noués en bandeau autour de la tête pour les hommes. Devant chaque entrée de maison des offrandes sont déposées à plusieurs moments de la journée et l’on voit s’affairer en permanence des gens qui déposent de l’encens, des fleurs, des biscuits et se rendent en groupe dans les temples.

 

C’est magique à voir et complètement différent de ce que l’on connait. 

 

Mais revenons à la ville d’Ubud. Le centre n’est composé que de quelques rues, toutefois largement suffisantes pour se balader, se restaurer, boire un verre, s’inscrire à un cours de Yoga.

Au détour d’une des rues principales des singes se baladent en liberté, eh oui à Ubud on trouve une forêt des singes et certains en profitent pour s’aventurer plus loin en bord de route et dans les échoppes à proximité. On peut d’ailleurs assister à des scènes improbables comme un chien coursant un singe, ou un singe jouant devant une boutique.

Par certains aspects la ville d’Ubud est très occidentalisée. On trouve une quantité importante de restaurants qui misent sur les best-sellers internationaux en terme de carte et de décoration. 

Toasts à l’avocat, pizza, restaurants végétariens, on trouve de tout et tout les prix en terme de nourriture dans un environnement « hipster ». Nous avons eu quelques coups de coeur culinaire à Ubud, à retrouver dans la section Belles Adresses, notamment un restaurant indien végétarien à se taper les fesses par terre. Il est toutefois possible de ne manger que dans des Warungs, restaurants locaux proposant une carte de plats indonésiens simples et très peu chers (1,5€-3€ le plat). Si Ubud a été un peu l’exception nous concernant, nous nous sommes fait plaisir sur les restaurants après un mois relativement frugal en Thaïlande, nous avons globalement mangé davantage dans des warungs pendant notre séjour et recommandons l’expérience à 100%.

Depuis Ubud il est aisément possible de :

 

Se balader en pleine nature dans les rizières. 

  • Depuis la ville il y a deux chemins très sympas : « Kajeng Ricefield walk » et « Campuhan ridge walk ». Kajeng est parfait en fin de journée, on peut admirer le coucher de soleil depuis deux warungs avec de jolies terrasses en prime. Campuhan est à faire le matin lorsque le soleil n’est pas trop fort, le chemin est un peu plus long mais vaut le détour !

  • A Tegalalang (20 minutes en voiture / scooter) . Les rizières très renommées sont un incontournable de Bali. A faire de bonne heure le matin pour éviter les touristes. Nous y sommes allées à 7h30 et personne ! En revanche à 9h30 lorsque nous remontions, tout le monde arrivait.

 

Visiter des temples.

  • Saraswati est situé dans la ville et il est magnifique. On peut assister à des spectacles de danse balinaise et de gamelan, l’instrument traditionnel indonésien.

  • Les bassins sacrées de Tirta Empul, à 15km de Ubud

 

Essayer un cours de yoga.

  • Yoga Saraswati, notre coup de coeur. Une classe par heure, maximum 8 personnes, 5€ le cours. Nous avons choisi un cours de Hatha Yoga pour débutant - Slimen n’ayant jamais pris de cours auparavant - et le professeur était excellent. Nous étions trois sur le créneau horaire choisi alors autant vous dire que nos mouvements étaient corrigés sur l’instant et avec beaucoup de douceur.

  • Yoga Barn est une institution à Ubud et les cours sont pleins à craquer. Initialement nous souhaitions prendre un cours là-bas avant de nous raviser et de choisir Saraswati. L’endroit est très beau, c’est un grand complexe caché entre deux rues, il y a plusieurs salles de yoga, un coin massage, un café, une boutique… C’est très bien marketé, plus cher qu’ailleurs et on avait l’impression d’être en plein cliché parisien : les élèves étaient tous occidentaux, minces, bien habillés, bref à fuir si vous chercher un tant soit peu de dépaysement.

 

Il y a d’autres écoles, et bien sûr des lieux ou faire une retraite de yoga sur plusieurs jour. Nous manquions de temps mais l’expérience a l’air très appréciée des voyageurs.

 

Faire du shopping.

Il y a une quantité impressionnante de boutiques dans Ubud, et les prix peuvent être élevés pour Bali. Avec un salaire occidental en revanche il y a de quoi se faire plaisir.

Vous trouverez également un marché local sur lequel tout ou presque se négocie.

 

Notre conseil : hormis un ou deux coups de coeur que nous avons payé le prix fort, pour les autres achats nous sommes toujours sortis du centre d’Ubud. Les marchés vendent tous les mêmes sacs, vêtements et accessoires. Il suffit de s’enquérir du prix à plusieurs endroits et de penser à diviser le prix annoncé par deux pour démarrer une négociation.

Pura Ulun Danu Bratan - Contrées Lointaines
 

Réserver vos billets pour les îles (Gilis, Lombok, Flores, Java) :

Nous avons réservé un aller en bateau pour Gili Air, que nous avons pu négocier à 190 000 Rp (11,9€) par personnes.

Attention au choix de la compagnie pour aller à Lombok et sur les Gili. Certains bateaux sont des petits rafiots vieillots et vulnérables face aux vagues. 

Nous avons eu de la chance : notre bateau était de taille honnête et la mer relativement calme le jour ou nous sommes partis. 

Mais je ne faisais pas la maligne avant de monter à bord. J’avais lu des avis exécrables sur les différentes compagnies. En fonction de la marée la traversée peut vite devenir un cauchemar, grosses vagues par dessus bord, creux… J’avais autour du cou mes lunettes de plongée ce qui en a fait rire plus d’un mais j’étais psychologiquement prête au naufrage (Oui je ne fais pas dans la demi-mesure…)

 

Partis à 11 heures de Ubud pour Gili Air, une navette nous a récupéré dans le centre puis déposé à Padang Bay ou nous avons attendu le bateau. Nous sommes arrivés deux heures plus tard sur l’île.

 

Les Gilis sont un ensemble de trois iles à l’ambiance différente :

  • Trawangan, la plus célèbre et la plus grande. Cette île est cataloguée comme l’île des fêtards et nous l’avons donc évité. En revanche de ce que nous en avons vu lorsque notre bateau s’y est brièvement arrêté, les plages sont les plus belles des Gilis. L’eau est cristalline et le sable blanc. Peut-être que l’île vaut le coup une journée et une nuit afin de lézarder au soleil et avant de rejoindre une des deux autres îles !

  • Gili Air, idéal pour les familles et les personnes cherchant un calme relatif. Nous l’avons choisi pour cette raison et effectivement hormis quelques bars tranquilles, ce n’est pas un endroit pour faire la fête. L’île est petite et on peut en faire le tour facilement à vélo. Il y a un bon de choix de bars tranquilles, cafés et restaurants.
    A savoir : hormis une très belle plage de sable fin sur la côte ouest, les plages sont les grandes absentes de cette île. Ça a été notre déception en arrivant. On accède à la mer entre deux rochers. En revanche Air est l’île idéal pour le snorkeling et admirer les tortues ! Il y en le long de la côte et généralement pas bien loin du rivage.

  • Meno pour les couples en lune de miel et les amoureux de la nature. De belles plages au naturel (branches, cailloux, coquillages, algues). L’île est encore préservée et l’offre en hôtel et restaurant assez mince, de fait les prix sont plus élevés. 

A Gili Air nous avons réservé une excursion privée d’une demi-journée pour faire du snorkeling et voir des tortues. Le bateau nous a déposé dans 5 endroits différents entre les trois îles et nous avons notamment demandé une escale à Gili Meno pour faire un petit tour de l’île.

 

C’était un moment magique. J’ai été très émue en voyant la première tortue et en nageant à ses côtés. C’est un sentiment indescriptible !

En tout nous avons vu 5-6 tortues ce jour-là.

Il y a beaucoup de concurrence pour les sorties snorkeling et tout le monde propose le même itinéraire.Ne pas hésiter à faire baisser les prix, assez élevés au premier abord. A savoir que même en visite privée, une fois arrivée au spots connus il y a de fortes chances pour que d’autres bateaux soient présents. C’était le cas pour nous sur le premier arrêt : les statues appelées « Nest » et  qui ont un succès fou auprès des instagrameurs. Nous étions une vingtaine sur le spot en même temps ce qui n’a pas été agréable.

Pour le reste en revanche notre guide nous a emmené à des endroits sans personnes et là c’était vraiment le pied !

De retour à Bali nous avons poursuivi notre tour par la ville d’Amed, jolie station balnéaire.

 

Non loin du volcan Agung. c’est un endroit idéal pour en faire l’ascension. Particularité d’Amed : le sable noir des plages. Il y a de très bons spots de snorkeling et nous avons été notamment enchanté par une épave japonaise à quelques mètres de la plage et qui se fait sans guide. Nous y sommes allés tôt (avant 8h) et nous étions seuls avec une multitude de poissons ! 

Avant dernière étape de notre tour de l’île : Munduk.

 

Moment très spécial pour nous deux puisque Slimen fêtait ses 30 ans. Nous n’avions rien anticipé et nous nous sommes retrouvés à Munduk pour son anniversaire. Une petite parenthèse très agréable en pleine nature. Peu de touristes et beaucoup de balades possibles entre cascades, lacs, montagne. Un incontournable pour voir Bali autrement.

Dernière étape : Lovina, qui n’a pas un grand intérêt.

 

Nous souhaitions nous rapprocher de Java et avions une contrainte : l’arrivée de Nyepi, le nouvel an balinais. Toute vie sur l’île s’arrête pendant les 24 heures de la fête. La coutume veut que l’on reste chez soi, en évitant de faire du bruit et en n’utilisant pas d’électricité. La veille au soir on peut assister à la célébration de Ogoh Ogoh - grandes statues en bambou représentant des monstres et portées dans la ville au rythme de danse et de percussions.

Pour ne pas être bloqués par Nyepi nous avions exceptionnellement séjourné dans une belle villa avec piscine sans vis à vis afin de faire notre vie.

Ces deux semaines à Bali ont été très agréables et nous avons quitté l'île enchantés. Que de choses à voir et à faire ! 

Le seul bémol est  le transport. Il faut louer un scooter ou une voiture pour être autonome et profiter réellement de l'île. Si vous vous cantonnez aux chauffeurs privés, il faudra non seulement prévoir un budget conséquent et les visites risquent d'être plus superficielles en se cantonnant aux endroits touristiques. On a loué pas moins de 5 scooters en quinze jours et ils ont tous été plus que rentabilisés.

Enfin l’île de Java !

Il nous restait peu de temps, nous n’avons pu y consacrer que 5 jours. Java a été une découverte incroyable et nous sommes bien décidés à y retourner. Pour quelques jours il est tout à fait possible de visiter l’Est de l’île et c’est ce que nous avons fait.

 

De Lovina, il est assez facile de rejoindre Java. Il faut trouver un bémo - mini bus collectif rouge, on vous dira sans doute qu’il n’y en a pas mais si… Il y en a, surtout le matin, il suffit de se placer au bord de la route principale et d’attendre. Le trajet jusqu’à Gilimanuk coûte 50 000 Rp (3,30 euros) et dure 3 heures. Arrivés au port, il y a de nombreux ferrys. Une heure de traversée pour environ 12 000 Rp. De l’autre coté du détroit, il vous faudra encore prendre le train (55 000 Rp) pour rejoindre la ville de Banyuwangy en un quart d’heure. 

 

C’est ici que tout commence. Le premier contact est compliqué. La ville a une méthode bien rodée pour vous vendre l’excursion au volcan Ijen. On vous répètera que tous les scooter sont loués. Evidemment c’est faux et le seul but de la manoeuvre est de vous empêcher d’y aller par vous même. Nous avons abdiqué devant cette arnaque organisée et avons payé l’excursion. 300 000 Rp par personne… 

 

À minuit, la jeep passe nous prendre à notre hostel. Nous arrivons au point de départ en plein milieu de la nuit et entamons la marche avec notre guide. Le chemin est large et il y a de quoi : ce sont des dizaines de groupes qui s’élancent dans l’ascension. Nous sommes dégoutés par ce que nous voyons. Des touristes - pour la plupart en bonne forme - paient des javanais pour les tirer dans des sortes de fauteuils à roulettes. L’affluence est par moments insupportable. On commence par se dire que l’on a fait une erreur.

Et puis… Les premières lueurs du jour percent le ciel alors que nous nous apprêtons à quitter le cratère. Le spectacle est fabuleux. Le bleu du lac, le jaune du souffre et la terre rougeâtre nous offrent une palette assez unique qui nous fait oublier tout le reste. La fumée irrespirable devient un élément embellissant du paysage. Nous sommes scotchés. Ce n’était absolument pas une erreur, Ijen vaut le détour!

Le chemin du retour est l’occasion de discuter avec notre guide. Il a été mineur sur ce même volcan. N’ayant pas pu faire d’études, il a appris l’anglais par lui-même afin de quitter la mine et devenir guide. Etant fils unique, il est le seul revenu de la famille et ses parents comptent beaucoup sur lui. Il nous a raconté ses rêves d’une vie meilleure pour son fils qui ira à l’école.

De retour à Banyuwangy, un scooter s’est miraculeusement libéré… 

Nous prenons la route en direction de « Red Island » près du Parc National Meru Betiri. 

En chemin nous nous arrêtons pour une pause café dans un village. Un groupe d’adolescentes s’est assis près de nous et semble ravi de voir Sarah - les blondes ne sont pas légion par ici. Au moment de partir, on les voit hésiter. Sarah fini par leur proposer de prendre des photos. C’est l’euphorie pour elles et un moment d’échange extrêmement agréable pour nous. 

Red Island est une plage assez jolie du Sud-Est de Java. Une petite île à la terre rouge est accessible à pied à marée basse et donne son nom au lieu. Nous passons deux nuits là bas et en profitons pour nous balader dans les environs. Nous découvrons des plages de pêcheurs et des villages reculés sans touristes. Nous assistons à un match de football dans un village. Malgré l’état du terrain digne des champs de maïs du centre de la France, un speaker hurle comme à la télévision brésilienne. À la mi-temps, l’équipe locale - assise dans un coin du terrain - remarque notre présence. Sourires, regards à intervalles réguliers, nous sommes de nouveau l’attraction. La bonne humeur est collective et nous décidons de rester jusqu’à la fin du match. 

 

Notre étape suivante est le parc Meru Betiri. Il s’agit d’une réserve naturelle où les tortues viennent pondre sur la plage. Pour visiter le parc, il faut obligatoirement passer par une agence locale. Nous trouvons une auberge recommandée qui propose ce type d’excursions. Nous prenons donc la route jusqu’à l’entrée du parc. Là encore, nous sommes les seuls occidentaux à des kilomètres à la ronde. Le parc est peu touristique, a fortiori à cette période de l’année. 

Nous négocions le prix de l’excursion 1,2 million Rp par personne. C’est cher, mais vous ne trouverez pas mieux. Sauf que… Quelques heures plus tard, notre hôte vient nous annoncer qu’il risque de pleuvoir le lendemain et que la jeep ne pourra pas traverser le fleuve. Nous devons donc payer plus cher pour prendre un bateau. Nous refusons, habitués aux arnaques et indiquons notre souhait d’annuler l’excursion. Le discours change : les bateaux seront gratuits. Nous prenons le temps de réfléchir. La méthode nous a refroidi et la météo prévue est effectivement mauvaise. Nous décidons de confirmer l’annulation. À la place, nous partons à la rencontre des villageois aux alentours. 

C’était sans doute l’une des meilleures décisions depuis le départ. Nous passons une journée magique !  Un couple javanais nous arrête alors que nous faisions demi-tour dans une impasse. Ils appellent leur fille, seule capable de parler en anglais chez eux. Nous comprenons qu’ils tiennent un warung et nous proposent de manger chez eux. On hésite, pas de prix affichés et nous sommes perdus au milieu de nul part. Nous finissons par accepter : l’aventure c’est l’aventure ! Résultat nous mangeons pour moins de 1 euro, dessert compris. Le repas est délicieux et la discussion super. Le père tient absolument à nous montrer des vidéos d’une américaine installée à Java qui est devenue chanteuse, la fille nous parle de ses rêves et de sa soeur partie à la grande ville avec son mari. Le mère reste en retrait mais exprime se joie à chaque fois que nous disons en javanais que le repas est délicieux. 

Nous finissons par quitter la famille et continuons notre escapade. Nous passons devant un café à la décoration « hipster ». Nous nous arrêtons. Cinq minutes ne sont pas passées que nous sommes entourés par une dizaine d’enfants qui rigolent et courent dès qu’on leur adresse la parole. Le gérant, dont les enfants font parti du groupe, demande s’il peut prendre une photo. Nous acceptons. Slimen commence à jouer au foot avec un enfant et Sarah réussi à communiquer avec les autres. Nous sommes sous le charme. 

 

Le lendemain matin, l’heure est venue de partir. Le trajet s’annonce épique jusqu’à Canngu à Bali où nous passons notre dernière  nuit avant de prendre l’avion pour le Vietnam. Nous cumulons 12 heures de transport. 100 km sur un scooter avec les sac à dos, puis un train, un bateau, un mini bus et enfin un taxi. Cette journée épuisante a pourtant été agréable. Dans le bémo entre Gilimanuk et Denpasar nous sommes les seuls occidentaux. Les gens fument, certain sont assis sur des tabourets entre deux sièges. 4 heures et demi de trajet à la locale. 

Java vous l’aurez compris est un coup de coeur ! Si nous n'avons pas suivi notre planning initial, nous nous sommes écoutés. En fin de compte, il s'agissait de la meilleure chose à faire. 

En voyage, on a tendance à faire une "liste de course" : il faut visiter tel endroit, suivre tel itinéraire, passer par tel coin. Mais à Java, nous avons compris que se laisser porter par nos envies est une bien meilleure façon d'aborder le voyage. Ce que nous avons fait est unique. Ces rencontres, ces instants passés auprès des javanais, on ne les trouvera jamais dans le Routard. Pourtant, c'est là que réside tout l'intérêt du voyage.